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​Ce blog se veut un espace de communication sur la problématique de l’insertion professionnelle des jeunes subsahariens en vue d’un enrichissement mutuel.
Nourri des expériences de COOEVA, résolument orienté dans une perspective de recherche – action,  il se veut également ouvert à tout article ou communication qui traite de la problématique ou qui affiche sa préoccupation à la question de la pérennité post-intervention des résultats atteints.
​
Pour faire un pas de plus en direction de l’autonomie des jeunes subsahariens.

Yvette Kaneza : une jeune entrepreneure Burundaise qui s’est lancée « toute  seule » et qui a du succès

5/7/2023

 
Profitant d’une mission au Burundi dévolue au renforcement des compétences de partenaires locaux impliqués dans l’accompagnement vers l’insertion de jeunes Burundais, j’ai eu envie de rencontrer une femme entrepreneure qui s’était « faite toute seule ».
 
Une manière de mettre en évidence le fait que ce type de situation existe, mais avant tout d’essayer de comprendre ce qui fait la différence entre elle et les jeunes entrepreneurs/neuses qui tentent de se lancer en auto-emploi au Burundi ou ailleurs en zone subsaharienne.
 

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​Pour décrire en quelques mots qui est Yvette Kaneza - propriétaire de la ligne de prêt-à-porter « Le Reflet » - et quel est son parcours, je dirais d’elle qu’elle est marquée par son goût pour le design et que l’audace avec laquelle elle mélange différents styles de tissus constitue l’ADN de sa marque. Je partagerais également le fait qu’elle a été habitée de longue date par une vision : rendre disponible une ligne de prêt-à-porter « made in Burundi ».
Et, de fait, si son goût pour la combinaison entre différents styles a très tôt attirée vers elle des femmes désireuses de pouvoir porter des habits moins « conventionnelles », la mise à disposition d’une ligne de prêt-à-porter répondait à un besoin : celui des femmes burundaises de pouvoir avoir accès rapidement à des habits, sans devoir systématiquement se pouvoir en habits en provenance de l’étranger, ou encore devoir passer commande auprès d’un couturier et « affronter » les aléas qui accompagnent régulièrement ce type d’exercice : se faire prendre des mesures, endurer de longs délais d’attente, ne pas recevoir l’habit souhaité à la date négociée, etc. 
Dis autrement, le projet entrepreneurial d’Yvette représentait une parfaite combinaison entre un très fort intérêt de sa part pour un domaine (le design), le talent reconnu dans ce domaine, et un besoin parmi les femmes burundaises.

​« Restait » à mettre sur pied ce projet, ce qu’Yvette a choisi de faire avec prudence. En dépit de son envie de pouvoir se lancer, elle sait qu’elle a besoin d’avoir accès à des ressources financières. Mais elle veut accéder à ces ressources par ses propres moyens : jamais une autre manière de fonctionner ne lui a traversé l’esprit !
Elle va donc poursuivre son activité professionnelle dans le domaine administratif (elle travaille auprès d’une ONG), faire des économies et profiter de ses temps de congé pour aller vers Dubaï afin d’acheter des accessoires qu’elle pourra utiliser pour élaborer ses modèles, bousculant par la même occasion une tradition locale qui n’est pas portée sur des vacances hors frontière. Et sans doute encore moins pour une jeune femme en solo.
 
D’un petit atelier, dont elle laissera la gestion à sa mère en journée pour prendre la relève à sa fin de journée de travail ainsi que pendant les weekend, Yvette va passer au projet d’une boutique. Toutefois, l’actualité politique de l’année 2015 étant finalement défavorable à l’ouverture de cette boutique rêvée et menant même à la fermeture de son atelier, Yvette ne se décourage pas pour autant. La vente est compromise au Burundi ? Elle se renseigne – comme à chaque fois qu’elle rencontre une difficulté - et découvre une plateforme en ligne qui lui permettra de vendre ses habits à Kampala. 
En 2017, ayant jugé les conditions à nouveau acceptables pour mettre à exécution son projet de boutique, elle la lance enfin ! Toutefois, toujours prudente, ça n’est qu’en 2019 qu’elle va considérer que les conditions financières de sa boutique sont désormais suffisamment bonnes pour qu’elle puisse finalement s’y consacrer à 100% et quitter son emploi.
Et depuis ? Depuis, Yvette apprend son métier d’entrepreneuse, tirant les leçons des difficultés qu’elle rencontre. 
 
A-t-elle pensé à abandonner étant donné les défis auxquels elle a dû faire face ? Jamais ! D’une part parce qu’elle est persuadée que si elle reste focalisée sur une activité – la santé de sa boutique et ses créations- elle peut être en mesure d’atteindre ses objectifs. Et d’autre part, parce qu’elle a pris pour habitude de rechercher des sources d’information – ou de motivation – dans la littérature ou sur Youtube.
 
Quatre jours après notre rencontre, je me rends compte que certains des éléments clés qui expliquent le succès d’Yvette et me reviennent à l’esprit me sont plutôt familiers puisqu’ils constituent un leitmotiv que je partage quasi systématiquement lorsque je rencontre des partenaires subsahariens qui accompagnent les jeunes vers l’insertion, qu’il s’agisse d’emploi ou d’auto-emploi :
  • L’importance d’accompagner un jeune (ou moins jeune) pour qu’il/elle choisisse de se lancer dans un métier pour lequel il a véritablement de l’intérêt. Choisir un métier parce qu’il permettrait a priori de gagner beaucoup d’argent n’est souvent pas pertinent, car cette focalisation exclusive sur la question des revenus ne sera pas de nature à garder le jeune motivé lorsqu’il fera face à des difficultés (soit pour trouver un job, soit pour trouver des clients). Et il fera nécessairement face à des difficultés.
  • Avoir une bonne idée d’auto-emploi/d’activité entrepreneuriale est évidemment une très bonne chose. Mais cela n’écarte pas pour autant l’apparition de difficultés qu’il va falloir gérer. Autrement dit, les difficultés ne sont pas nécessairement le signe que le projet n’est pas pertinent.
  • Pour faire face à des difficultés, il faut souvent avoir accès à des informations. Yvette s’est penchée sur les informations disponibles en ligne ; d’autres se verront proposer  de discuter avec des interlocuteurs susceptibles de les aider. Le principal est de trouver des sources d’information pertinentes susceptibles d’aider à franchir le cap. Et, visiblement, elles existent. 
  • Compter sur l’accès à un prêt pour monter son auto-emploi/entreprise peut être une fausse « bonne idée ». Car il n’y a aucune garantie qu’une institution financière accordera un prêt. Par contre, économiser, ça, c’est toujours possible et ça permet d’aller de l’avant. Et dans ce cas de figure, opter pour une activité intermédiaire - qui permettra de faire ces économies – peut être une excellente option.
 
Yvette, merci infiniment pour tous ces rappels que votre récit a permis de mettre en évidence, en plus de cette très sympathique rencontre. Et, naturellement, tous mes meilleurs vœux pour la suite de vos projets !
 
Catherine Ukelo, juillet 2023

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