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​Ce blog se veut un espace de communication sur la problématique de l’insertion professionnelle des jeunes subsahariens en vue d’un enrichissement mutuel.
Nourri des expériences de COOEVA, résolument orienté dans une perspective de recherche – action,  il se veut également ouvert à tout article ou communication qui traite de la problématique ou qui affiche sa préoccupation à la question de la pérennité post-intervention des résultats atteints.
​
Pour faire un pas de plus en direction de l’autonomie des jeunes subsahariens.

Les jeunes subsahariens et le cercle vicieux de l'insertion professionnelle

27/7/2023

 
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En 2020, alors que je découvrais le parcours scolaire et professionnel de quelques jeunes sahéliennes sollicitant l’accès à une formation professionnelle avec l’objectif de pouvoir ainsi sortir du chômage, j’avais été interpellée par le cas de deux d’entre elles. 
En effet, un an ou deux auparavant, toutes les deux avaient bénéficié d’une formation en restauration d’une durée de 12 mois et d’une initiation à l’entrepreneuriat de 10 jours. J’apprenais cependant que leur insertion professionnelle via la restauration avait cependant été abandonné – parce que « ça ne marchait pas ! » - et qu’elles souhaitaient donc pouvoir bénéficier d’une nouvelle formation, plus « porteuse », cette fois-ci.
Ce constat, troublant, apporta graduellement du relief et de la consistance à des situations observées déjà bon nombre de fois les années précédentes, au Mali mais également dans de nombreux autres pays de la sous-région - sans que pour autant je m’y attarde auparavant. En effet, les jeunes sollicitant une formation professionnelle étaient rarement dépourvus d’un(e) précédente  formation (ou d’un renforcement de compétences), et ils avaient également souvent faire l’expérience d’une insertion professionnelle (bien que souvent dans des emplois précaires).
 
Pourtant, cette fois-ci, la situation de ces jeunes sahéliennes permit une prise de conscience : un phénomène très fréquent était en cours parmi les jeunes qui cherchent à s’insérer professionnellement, et ce phénomène les amènent à multiplier – souvent sans le succès escompté à la clé – les possibilités de formation.

S’ébaucha ainsi graduellement ce qui m’apparaît désormais comme un cercle vicieux de l’insertion professionnelle, avec ses différentes phases, dont je vous partage brièvement quelques aspects clés :

  • Sans emploi : qu’ils soient effectivement sans emploi ou alors dans des emplois précaires (ou qu’ils jugent précaires), les jeunes subsahariens se considèrent comme des chômeurs et cherchent logiquement à améliorer leur situation.
  • Attente d’une opportunité d’emploi ou de formation professionnelle : dans leur volonté d’améliorer leur situation, la recherche d’un emploi est bien sûr la voie privilégiée. Mais dans la mesure où ils considèrent qu’aucune option d’insertion valable n’est disponible, les possibilités de formation professionnelle de courte durée offertes – comme par exemple dans le cadre de projets de développement - sont souvent considérées par les jeunes « chômeurs » comme des alternatives intéressantes. 
  • Formation : ayant eu la possibilité d’accéder à une formation, les jeunes « chômeurs » se sentent soulagés et montrent généralement beaucoup d’engagement dans leur formation. 
  • Lancement de la recherche d’un emploi ou lancement de l’auto-emploi : une fois la formation terminée, 
    • les jeunes visant l’emploi expérimentent la recherche d’un emploi dans leur nouveau domaine de compétences
    • les jeunes lancés en auto-emploi (dans la mesure où les outils de base leur sont disponibles) expérimentent la recherche de clients et de revenus.
  • Très rapidement après la fin de leur formation :
    • Si les chercheurs d’emploi font une évaluation négative des opportunités d’insertion et/ou de l’impact de leurs  tentatives d’insertion, ils vont considérer que le domaine professionnel dans lequel ils se sont formés n’est finalement pas porteur.
    • Si les auto-employés font une évaluation négative des  résultats financiers de l’activité et/ou des problèmes à résoudre dans leur situation, ils vont considérer que le domaine professionnel dans lequel ils se sont formés n’est finalement pas porteur.
  • Découragement et abandon du projet : dès lors que les jeunes formés ont fait une évaluation négative de leurs démarches d’insertion, ils en viennent souvent à la conclusion que l’activité pour laquelle ils ont été formés n’était finalement pas porteuse. Cette conviction suscite bien évidemment des émotions négatives qui les amènent graduellement à poursuivre leur objectif d’insertion avec moins d’engagement, pour finalement ne s’y engager que ponctuellement voire l’abandonner complètement. 
  • L’insertion professionnelle infructueuse ayant été abandonnée (ou presque), les jeunes vont à nouveau se considérer comme « sans emploi » et se mettre à la recherche d’une nouvelle opportunité: la boucle est bouclée. 

Bien évidemment, je ne prétends pas que ce cercle vicieux est l’apanage de l’Afrique subsaharienne.

D’ailleurs, ceux d’entre vous travaillant en Asie ou en d’autres parties du monde avez-vous peut-être également observé un phénomène similaire ?
 
En tous les cas, la découverte de ce cercle vicieux incite naturellement à chercher les moyens de le briser. Or,  ces moyens existent. 
 
En effet, dans la mesure où ni la qualité de la/des formations suivie(s) ni les domaines dans lesquels les formations ont été offertes n’apparaissent comme problématiques, de bons services d’appui à l’insertion sont susceptibles de briser ce cercle. Notamment en veillant à soutenir les bénéficiaires de telle sorte qu’ils n’en viennent pas – de façon erronée - à évaluer négativement la manière avec laquelle leur insertion (ou tentative d’insertion) se passe, puisque la recherche d’un emploi peut prendre du temps et qu’une insertion via auto-emploi n’amène pas rapidement des revenus intéressants. 

Voilà, je m'arrête là pour l'aujourd'hui, juste le temps de préciser que :
  • Pour qui est intéressé à observer comment s'illustre dans le concret le fonctionnement des jeunes sahéliens pris au piège de ce cercle vicieux, je vous invite à (re)lire un précédent article : "Coopération au développement et projets de formation: trois parcours de jeunes subsahariens pour illustrer l'importance de prévoir un soutien à l'insertion professionnelle" (cf: https://www.cooeva.ch/blog/cooperation-au-developpement-et-projets-de-formation-trois-parcours-de-jeunes-subsahariens-pour-illustrer-limportance-de-prevoir-un-soutien-a-linsertion-professionnelle) 
  • Une version audio traitant de cette thématique sera disponible sous peu. Je vous ferai signe !
  • Je suis naturellement disponible pour qui souhaiterait pouvoir en parler de vive voix.

Très bel été à tous,

​Catherine Ukelo, juillet 2023



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