COOEVA De la coopération à l’autonomie
  • Accueil
  • Home
  • A propos
  • About me
  • Témoignages
  • Testimonials
  • Blog
  • Blog
  • Contact
  • Contact

Blog

​Ce blog se veut un espace de communication sur la problématique de l’insertion professionnelle des jeunes subsahariens en vue d’un enrichissement mutuel.
Nourri des expériences de COOEVA, résolument orienté dans une perspective de recherche – action,  il se veut également ouvert à tout article ou communication qui traite de la problématique ou qui affiche sa préoccupation à la question de la pérennité post-intervention des résultats atteints.
​
Pour faire un pas de plus en direction de l’autonomie des jeunes subsahariens.

Les jeunes subsahariens et l’insertion professionnelle via l’auto-emploi : et si un accès facilité à la formation technique dans un métier porteur n’était pas la solution ultime au « chômage » ?

3/11/2022

 
Parfois considérée comme un phénomène de mode, la valorisation de l’insertion professionnelle des jeunes subsahariens via l’entrepreneuriat ou l’auto-emploi qui prévaut depuis une vingtaine d’années dans le domaine de la coopération au développement semble être une réponse logique à une problématique toujours présente en Afrique subsaharienne : ​un déficit important de postes de travail, et donc l’impossibilité pour les pays concernés d’absorber la grande majorité des jeunes qui, chaque année, terminent leurs études ou cherchent à s’insérer professionnellement sur le marché du travail.

 
Photo
Une solution théoriquement d’autant plus intéressante que, dans bien des cas, les partenaires internationaux (ONG, bailleurs) offrent à la fois une formation technique et un appui à l’insertion à même de dépasser - ou, du moins, d’atténuer - les problèmes de démarrage de leur activité que pourraient connaître autrement bon nombre des bénéficiaires de ces projets, qu’ils visent l’auto-emploi par nécessité ou par opportunité. Or, la confrontation à la réalité du terrain démontre que cette solution a priori pertinente n’est pas suffisante.
​

Car si le succès semble être au rendez-vous au terme d’une intervention de formation et en particulier, justement, si celle-ci se prolonge par la mise à disposition d’un kit d’insertion, force est cependant de constater que pour une partie non négligeable des bénéficiaires, le succès est fragile.

En attestent les nombreux « écarts » au projet d’insertion via auto-emploi observés plus ou moins rapidement au terme de la formation, avec – pour ne citer que certains des cas de figure - des jeunes qui décident de prolonger leur stage pour une durée indéterminée, d’autres qui renoncent à leur projet d’auto-emploi pour intégrer un poste d’employé (dans le secteur d’activité pour lequel ils ont été formés, mais pas nécessairement) ou dans l’espoir de pouvoir en intégrer un à terme, sans compter ceux d’entre eux qui, lancés en auto-emploi, considérant la faiblesse de leurs revenus ou les difficultés qu’ils rencontrent, estiment qu’ils sont le signe d’un échec à l’insertion.

Si les changements d’objectif semblent juste être l’expression de nouveaux choix sans réelle incidence sur la capacité de s’insérer professionnellement des jeunes formés, il n’en n’est rien. Parmi eux, comme parmi ceux lancés en auto-emploi estimant expérimenter l’échec de leur activité, nombreux seront ceux qui, à un moment donné, considéreront qu’ils ne sont pas outillés pour s’insérer professionnellement avec la formation technique dont ils avaient précédemment bénéficié et qui - si l’occasion se présente - vont solliciter une nouvelle opportunité de formation auprès d’une ONG.

Un constat particulièrement troublant pour tout organisme qui s’investit dans la mise en oeuvre d’un projet de formation dans l’objectif d’améliorer l’employabilité des jeunes subsahariens et d’ainsi contribuer à leur insertion professionnelle. Car, en effet, un cercle vicieux semble entraîner nombre d’entre eux à n’exploiter que de façon limitée l’opportunité d’insertion découlant de la /des formations dont ils ont pu bénéficier et les lancer dans un constant recommencement de leurs démarches d’insertion. Avec, pour conséquence, une sortie de la précarité économique difficilement accessible.

Bien entendu, l’ampleur de cette insertion professionnelle « fragile » mériterait d’être quantifiée. Par ailleurs, la durée des formations offertes (en regard des métiers dans lesquels les bénéficiaires sont formés)– de même que leur qualité ou encore leur pertinence (par rapport aux besoins du marché) – seraient également des données qu’il serait judicieux de prendre en considération pour une meilleure appréhension de la problématique. Et bien évidemment, le groupe cible envisagé – à savoir les « jeunes subsahariens » - recouvre une grande diversité de profils (genre, niveau scolaire, lieu de domiciliation- ville /campagne/pays, etc.) qu’il serait utile de pouvoir distinguer.

Il n’en demeure pas moins qu’ayant évolué – comme sans doute nombre de coopérants – dans un contexte de travail où, dit globalement, « la qualité et la pertinence » des formations techniques offertes étaient une préoccupation importante, et où – au départ - une initiation aux enjeux et activités associées à l’entrepreneuriat était également disponible, les réalités du terrain montrent que ce « package » n’est souvent pas suffisant pour que les bénéficiaires se sentent en mesure de s’insérer durablement grâce à lui. Et que, dès lors que le succès escompté n’est pas rapidement au rendez-vous, un nombre non négligeable d’entre les jeunes nouvellement formés vont avoir une évaluation négative les résultats de leur insertion. Avec, pour conséquence, le risque important d’un désengagement plus ou moins rapide de l’activité dans laquelle ils venaient se de lancer.
Photo
C’est donc que la problématique qui sous-tend cette si fréquente et rapide évaluation négative  des résultats d’insertion – et qui peut s’observer dans les propos tenus par les bénéficiaires - doit donc également être prise en considération. Une problématique qui englobe - parmi d’autres choses - le souvenir d’expériences d’insertion jugées négatives, des croyances ou convictions (souvent partagées avec des pairs, la famille, une partie de la communauté) sur « comment on peut s’en sortir », sur ce qui vaut la peine d’être fait, sur les stratégies à utiliser, sur le pouvoir qu’a un individu de modifier une situation en sa faveur, etc.

Alors, certes, la prise en compte de cette problématique amène nécessairement à envisager des interventions qui vont au-delà de l’acquisition de compétences « métiers ».
Mais ces interventions supplémentaires, à greffer à un projet de formation professionnelle, vont permettre de nourrir chez les bénéficiaires de nos projets leur besoin de sécurité, de contrôle, de soutien et la conviction qu’ils sont en mesure de dépasser les problèmes qu’ils vont nécessairement rencontrer au terme de leur formation technique.

Des interventions pas nécessairement imposantes, qui vont permettre – des résultats l’attestent – d’affaiblir ce cercle vicieux de l’insertion professionnelle répétitive et précaire en donnant ainsi aux jeunes subsahariens s’engageant dans leur activité d’auto-emploi le sentiment d’être capables de la faire fructifier et de grandir en autonomie.

Catherine Ukelo, octobre 2022
​

Les commentaires sont fermés.
COOEVA
​De la coopération à l’autonomie
picto
Rue des Moulins 17
1400 Yverdon-les-Bains

picto
[email protected]

picto
032 525 76 38

Photo

Inscription Newsletter

Votre inscription a été enregistrée avec succès !

«

Votre adresse email est uniquement utilisée pour vous envoyer nos Newsletters. Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans chacun de nos mails.
Politique de confidentialité

Newsletter subscription

Your registration has been successfully completed!

«

Your email address is only used to send you our newsletters. You can at any time use the unsubscribe link integrated in each of our emails.
Privacy policy
Création de site internet
  • Accueil
  • Home
  • A propos
  • About me
  • Témoignages
  • Testimonials
  • Blog
  • Blog
  • Contact
  • Contact