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​Ce blog se veut un espace de communication sur la problématique de l’insertion professionnelle des jeunes subsahariens en vue d’un enrichissement mutuel.
Nourri des expériences de COOEVA, résolument orienté dans une perspective de recherche – action,  il se veut également ouvert à tout article ou communication qui traite de la problématique ou qui affiche sa préoccupation à la question de la pérennité post-intervention des résultats atteints.
​
Pour faire un pas de plus en direction de l’autonomie des jeunes subsahariens.

Coopération au développement et projets de formation : trois parcours de jeunes subsahariens pour illustrer l’importance de prévoir un soutien à l’insertion professionnelle

22/11/2022

 
Profitant du déplacement récent d’une connaissance vers son Mali natal, j’établis un questionnaire qu’elle accepta de soumettre à plusieurs jeunes Maliens qui se considéraient au chômage et sans réelle possibilité de s’insérer durablement sur le marché du travail, bien qu’ayant bénéficié d’une – ou de  plusieurs – formation(s) professionnelle(s). 
Loin de vouloir stigmatiser ces jeunes, représentatifs de nombre de subsahariens qui souhaitent  s’extraire de la précarité sans y parvenir, cet article a pour but de mettre en relief trois parcours faits de formations et d’insertions répétitives, avortées, qui illustrent pourquoi l’accès à une formation professionnelle n’est pas nécessairement la solution ultime au chômage. Les descriptions de chacun des « cas » paraîtront sans doute un peu (trop) détaillées parfois, mais elles offrent cependant l’opportunité d’observer des réalités très concrètes.
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Car, bien sûr, la formation est évidemment incontournable, mais un soutien à l’insertion à la suite de la formation est une nécessité.  Parce que cet appui – adapté aux réalités locales - permettra à ses bénéficiaires de se sentir capables d’affronter les difficultés qu’ils vont nécessairement rencontrer en cherchant un travail ou en cherchant à lancer leur activité en auto-emploi. Un appui qui va par conséquent permettre d’éviter la mise en place – ou la persistance – d’un cercle vicieux de l’insertion professionnelle infructueuse.

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​Commençons par Ibrahim*, âgé de 26 ans. Au bénéfice d’un brevet de technicien (BT2) en aquaculture, Ibrahim a effectué un stage de 3 mois au cours de ses études avec l’objectif de renforcer ses compétences "métier". Pourtant, dès l’obtention de son diplôme, Ibrahim ne travaille pas en aquaculture. En effet, il déposera quelques dossiers de candidatures en vue d’occuper une position de salarié, mais pas dans ce domaine. Puis, ayant entendu parler de la possibilité de bénéficier – via une ONG - d’une formation lui permettant de devenir facilitateur en langues nationales auprès d’enfants scolarisés dans certaines localités de Bamako, il s’y lance. Car un emploi est à la clef.
Si la formation est courte, elle va néanmoins lui permettre d’avoir accès à 2 ans de contrat. Le programme s’interrompant au bout de ces 2 années, Ibrahim se retrouve sans emploi. 
A ce jour, il dépose des CV dans l’objectif de pouvoir accéder à un poste de collaborateur au sein d’un projet de développement, mais envisage également lancer un projet de pisciculture, qu’il pense pouvoir monter s’il trouve les finances nécessaires. 
 
Un parcours assez semblable peut être observé avec Issa *, 27 ans, avec cependant une multiplication des projets professionnels.
Proche connaissance d’Ibrahim, Issa est au bénéfice d’un brevet de technicien (BT2) en dessin bâtiment. Après plusieurs stages en maçonnerie (option a priori logique et courante au Mali pour qui est en dessin bâtiment), Issa décroche son diplôme. Désireux de pouvoir décrocher un emploi auprès de son maître de stage, il prolonge son dernier stage : en vain. Il décide néanmoins de poursuivre son stage, avec l’objectif cette fois-ci de consolider ses compétences en vue de son nouveau projet : lancer sa propre entreprise. Une option qu’il laissera finalement tomber au profit d’une nouvelle orientation : l’aviculture.  Il s’initie alors pendant 6 mois à l’aviculture auprès d’une connaissance lancée dans ce domaine et achète ses poussins.
La maladie décimera toutefois les poussins qu’il avait en élevage et, ne disposant pas de poule pondeuse pour reconstituer son élevage, Issa « saute » sur l’opportunité d’un nouveau contrat de 3 mois dans la construction pour s’extraire de l’aviculture.
C’est au terme de ce contrat qu’il entendra également parler de la possibilité d’être formé pour devenir facilitateur en langues nationales auprès d’enfants scolarisés de Bamako. Il s’y lancera également, et travaillera dans le domaine pendant 10 mois. Craignant que son contrat ne soit pas renouvelé, il retournera dans la construction, ayant décroché une opportunité qui lui paraît plus intéressante. Mais elle ne durera pas non plus.
A ce jour, Issa est également sans emploi, avec toutefois un projet de maraîchage qu’il espère pouvoir financer via l’appui de la famille. Il n’a cependant pas de formation dans le domaine.
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Tiemoko, 30 ans, est le seul non scolarisé parmi ces 3 jeunes. D’une famille d’agriculteurs, il quitte son village quelques années plus tôt pour la capitale, avec l’objectif de trouver une activité professionnelle qui lui permette de faire des économies. En effet, le travail de la terre familiale est difficile, et les économies doivent permettre l’achat de vaches qui faciliteraient les activités agricoles.  
Initié au repassage auprès de son grand-frère, il va s’y consacrer à côté d’autres « petits boulots » tels que le gardiennage d’immeubles. L’argent gagné sera bien envoyé au village, mais le projet de rentrer va être écarté. 
De fait, se retrouvant finalement à la tête d’une petite famille à Bamako, Tiémoko se préoccupe désormais davantage des moyens de subvenir à ses besoins. Il oscille alors entre plusieurs projets professionnels, l’objectif étant de gagner rapidement davantage d’argent pour faire face à l’ensemble des dépenses qui lui incombent. Il envisagera ainsi une expatriation vers l’Algérie mais également la mise sur pied d’un commerce de proximité, mais il y renoncera, avant tout pour des questions d’argent.
Lorsqu’il bénéficie d’un soutien financier inattendu, Tiémoko décide de lancer sa boutique de repassage. Cependant, ayant mal évalué les différents aspects à prendre en compte pour le succès de son activité, il se retrouve quelques mois plus tard sans local de travail (il ne payait plus son loyer) et sans ressource complémentaire (il avait abandonné ses gardes de nuit). 
A la recherche d’un moyen d’accéder à des revenus, il s’informe des possibilités de formation dans un autre domaine et découvre la menuiserie métallique. Il déniche également un patron qui se charge de la formation de ses nouvelles recrues.
 
Tiémoko se lance alors dans ce nouveau domaine, le contrat conclu avec son patron lui donnant la possibilité d’être payé lorsqu’il est envoyé sur des chantiers. Mais le patron s’absente parfois pendant plusieurs semaines et Tiémoko se retrouve alors sans revenu. Dans ce cas de figure, il lui arrive d’être tenté de se tourner vers un autre projet.
Toutefois, à l’heure actuelle, Tiémoko dit envisager de se lancer à son propre compte dans la menuiserie métallique, quand il sera complètement formé. 
 
Ibrahim, Issa, Tiémoko : trois parcours qui illustrent la façon de faire de bon nombre de jeunes subsahariens pour lesquels une nouvelle formation et /ou l’auto-emploi sont des moyens de tenter de sortir de ce problème de chômage, mais qui démontrent avant tout que la multiplication des tentatives n’aboutit pas nécessairement à l’objectif souhaité. 
 
Souvent, à la racine de ces tentatives infructueuses d’insertion – que ce soit via auto-emploi ou dans des postes d’employés - le sentiment que les domaines dans lesquels ils ont été formés ne sont finalement pas porteurs, ou alors parsemés d’embûches (insurmontables). Mais qu’une autre option conviendra mieux ; d’où un changement rapide d’orientation.

D'où, l’importance de prendre considération cette façon de penser lorsque le projet d’offrir des formations « métiers » est envisagé, et de mettre sur pieds des appuis grâce auxquels les jeunes pourront prendre conscience que la formation dont ils vont pouvoir bénéficier est   « porteuse » et qu’exploiter les opportunités d’insertion qu’elle offre peut être fructueux. 

Catherine Ukelo, novembre 2022

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