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​Ce blog se veut un espace de communication sur la problématique de l’insertion professionnelle des jeunes subsahariens en vue d’un enrichissement mutuel.
Nourri des expériences de COOEVA, résolument orienté dans une perspective de recherche – action,  il se veut également ouvert à tout article ou communication qui traite de la problématique ou qui affiche sa préoccupation à la question de la pérennité post-intervention des résultats atteints.
​
Pour faire un pas de plus en direction de l’autonomie des jeunes subsahariens.

Coopération au développement et offre de formation professionnelle : qu’en est-il de la capacité du marché du travail local d’intégrer les bénéficiaires de formation ?

24/2/2023

 
J’étais récemment aux côtés d’une association de la région des Grands Lacs dans son projet d’accompagner vers l’insertion professionnelle des jeunes porteurs d’un handicap, formés par ses soins.
Dans ce contexte, les difficultés qu’elle a rencontrées ont fait écho à des situations somme toute assez courantes lorsqu’en Afrique subsaharienne un projet de formation professionnelle est mis en œuvre pour lutter contre le chômage.

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Car si l’auto-emploi apparaît être une solution pour une partie des formés, tous ne s’en sentent ni les capacités, ni le désir, ni l’état d’esprit qu’il faut pour s’y lancer. Et les bénéficiaires de formation non preneurs de l’option « auto-emploi » vont systématiquement s’orienter vers la recherche d’un poste de salarié. 

Or,  même si des formations professionnelles sont rendues disponibles dans des métiers considérés comme « porteurs » et que des interventions en vue d’accompagner vers l’insertion des jeunes formés désireux de décrocher un emploi sont judicieusement envisagées par les concepteurs du projet, reste un préalable à prendre en considération : la capacité du marché du travail local - qui doit accueillir les futurs formés - à être en mesure de le faire. Sous peine de ne pas atteindre les résultats escomptés.

Revenons à la situation des Grands Lacs évoquée précédemment qui, si elle constitue un cas particulier étant donné les bénéficiaires concernés, ne paraît pour autant pas moins intéressante à évoquer.
 
Désireux d’aller de l’avant avec ce projet d’insérer des jeunes porteurs d’un handicap, certains membres de l’association avaient considéré que les feux étaient désormais au « vert ». En effet, les autorités se disaient prêtes à appuyer cette partie fragile de la population : des opportunités semblaient donc présentes pour ceux qui souhaiteraient s’insérer professionnellement.
 
Ce qui justifiait, de mon côté, la mise en route d’un questionnement sur « comment accompagner vers l’insertion» dans ce cas de figure. Et celui-ci débuta par la récolte d’informations sur les jeunes qui avaient récemment terminé leur formation afin de mieux les connaître et d’évaluer s’ils seraient en mesure d’occuper un poste de travail  dans une activité simple, quelques heures par semaine, en autonomie.
Toutefois, au terme de cette récolte, un constat préoccupant se dessinait, puisque les 20 jeunes « ciblés » avaient, certes, acquis des compétences « exploitables » mais aucun n’était autonome : des accompagnateurs devaient donc être envisagés à la fois pour les déplacements de ces jeunes et, selon toute vraisemblance, pour la supervision de leurs activités.

Au sein même de l’association, les observations récoltées engendrèrent une rediscussion des objectifs finaux du centre de formation.
Car la découverte graduelle du profil des jeunes sortants du centre, mais également le feedback parental quant à la forme que devrait prendre l’insertion professionnelle de leurs enfants, aiguillaient davantage vers l'établissement d'un atelier protégé, à proximité du domicile familial des jeunes sortants. Une option parfaitement logique compte tenu des jeunes considérés, désormais partagée par tous les porteurs du projet, et qui annulait – du moins temporairement – l’observation effective de l’intégration sur le marché de l’emploi de  jeunes issus de ce centre, en regard des facilités prévues par les autorités. Mais une option qui pourrait toutefois être reconsidérée dans le cas de futurs jeunes formés davantage autonomes.

​De mon côté,  le projet d’accompagnement vers l’insertion tel qu’envisagé initialement avait dû être abandonné au profit d’options plus ajustées aux jeunes formés du centre.
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"Cependant, le prolongement de la réflexion sur cette « aventure » a permis de remettre en lumière l’importance d’évaluer la capacité d’un marché à intégrer les bénéficiaires d’un projet de développement qui, après avoir bénéficié d’une formation professionnelle, désirent accéder à une position de salarié. 

Une évaluation d’autant plus importante que les demandes de formation professionnelle formulées par des partenaires locaux en vue de résoudre un problème de chômage sont courantes. Or, s’il est évident que l’accès à la formation professionnelle est incontournable pour qui souhaite pouvoir vendre des "compétences métiers" à un employeur, il est également nécessaire que le marché économique dans lequel un individu formé souhaite s’insérer puisse l’accueillir au terme de la formation. Puisque, dans le cas contraire, cela signifie que la formation professionnelle dispensée n’est pas la solution au chômage des jeunes visant un emploi salarié.

Bien entendu, la capacité d’accueillir les jeunes formés au sein du marché de l’emploi local relève davantage de la responsabilité de la communauté dont sont issus les jeunes bénéficiaires de formation professionnelle – et en particulier de ses élus - que de l’ONG rendant disponible ces formations. 

Cependant, il paraît indispensable d’envisager une concertation sur cette problématique avec les représentants de la communauté locale avant qu’une intervention ne soit lancée.
Afin que ces derniers – de concert avec les acteurs clés du marché économique local (et en particulier le patronat) - puissent déterminer si, comment et dans quelle mesure, le marché de l’emploi peut accueillir les nouveaux sortants de formation. Ou partager leur analyse quant à la racine de la situation de chômage qui prévaut.

Alors, certes, Il est clairement question d’une démarche qui est loin d’avoir la méthodologie et les retombées d’une approche telle que DEL (Développement économique local) ou que d’autres démarches apparentées pourraient offrir. Mais il s’avère qu’elle s’est déjà montrée utile pour faciliter l’insertion de jeunes formés, en plus de sensibiliser l’élite locale à une problématique récurrente face à laquelle les acteurs offrant de la formation professionnelle  en vue de diminuer le chômage des jeunes ont besoin de son appui. 

Histoire que les perspectives d’insertion des jeunes au sortir de la formation soient renforcées, et qu'ils ne doivent pas se contenter de recourir à de petits boulots et de gagner « un peu, un peu »….

Catherine Ukelo, février 2023

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