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​Ce blog se veut un espace de communication sur la problématique de l’insertion professionnelle des jeunes subsahariens en vue d’un enrichissement mutuel.
Nourri des expériences de COOEVA, résolument orienté dans une perspective de recherche – action,  il se veut également ouvert à tout article ou communication qui traite de la problématique ou qui affiche sa préoccupation à la question de la pérennité post-intervention des résultats atteints.
​
Pour faire un pas de plus en direction de l’autonomie des jeunes subsahariens.

Collaboration Nord – Sud dans le cadre d’un projet : regard sur l’autorisation que s’octroient nos partenaires locaux à dire ce qu’ils pensent d’une intervention

12/12/2023

 
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Il y a près de 2 mois, alors que j’étais en RDC afin de donner une formation en orientation professionnelle à des partenaires locaux, je me suis retrouvée dans une situation assez étonnante. Celle-ci m’en rappelant une autre (survenue Mali, dans des conditions quasi identiques), elle m’a interpellée quant à la liberté d’expression que s’autorisent – ou non – nos partenaires africains dans le cadre de la mise en œuvre des activités d’un projet.

Reprenons donc le cas congolais. 
 
Dans le cadre de la formation, alors que je souhaitais amener l’assistance à convenir qu’il vaut mieux s’adresser à une personne dotée de compétences avérées dans un domaine pour obtenir le service souhaité avec la qualité visée, je prends l’exemple assez parlant des traitements dentaires. 
​Les participants me sachant psychologue, je leur demande s’ils seraient d’accord de venir se faire traiter de problèmes dentaires auprès de moi ou, autrement dit, s’ils m’accorderaient leur confiance afin que je réalise un plombage ou tout autre traitement dentaire.
A ma très grande surprise, cette question a été suivie d’un silence total d’une quinzaine de secondes : personne n’osait répondre. Ce n’est qu’après ce laps de temps qu’un collaborateur de l’ONG auprès de laquelle j’intervenais a osé dire  « Non, moi je ne viendrais pas ! », suite à quoi quelques autres voix se sont élevées pour répondre de façon identique. Or, il était pourtant très clair qu’aucun d’entre eux n’aurait eu la naïveté de s’adresser à moi pour un problème de carie !
​Situation assez troublante que de constater une telle préoccupation à ne pas vouloir me déplaire, puisque c’était bien de cela dont il s’agissait.
Refuser de se faire soigner par moi, comme avait osé le dire le collaborateur de l’ONG, c’était prendre le risque – je le suppose - de m’ « offenser ». Alors qu’accepter les hypothétiques soins dentaires que je proposais était clairement absurde. Les participants se sentaient donc piégés. 
​Un constat d’autant plus déconcertant que j’avais naïvement eu l’impression d’une collaboration ouverte et franche dans le cadre des nombreux exercices égrainant la formation. Sans compter l’échange que j’avais eu avec l’un des participants  au matin du second jour de formation, au cours duquel François* était venu m’expliquer pourquoi on m’avait applaudie au terme de la 1ère journée de formation (ce que j’avais trouvé très plaisant, bien sûr, mais un peu curieux quand même). Or, comme il me l’expliqua en ce début de journée, l’assemblée m’avait applaudie parce que j’avais fait des progrès dans la manière d’envisager certaines démarches d’orientation ou d’insertion (en regard de la formation donnée en 2019), puisque celles-ci tenaient désormais davantage compte des inclinaisons locales. François* me précisa ainsi que si, lors de la précédente formation, les participants m’avaient octroyée une note d’environ 8,5 sur 10, cette fois-ci la note passait à 9 voire 9,5 sur 10 (une belle progression, soit dit en passant …).
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Cependant, je constatais que l’ « aveu » n’apparaissait que 4 ans plus tard, mon manque d’attrait pour certaines pratiques locales n’ayant pas du tout été « sanctionné » lors de la première formation. 
 
Bien évidemment, le frein à l’expression d’un désaccord de la part des partenaires locaux en raison d’une relation déséquilibrée entre eux et les représentants du Global North n’est pas un constat neuf. Dire « les choses » telles qu’on les voit n’est souvent pas un exercice aisé de la part des partenaires locaux, même s’ils sont invités à le faire. Car la crainte d’une retombée négative de l’aveu n’est sans doute jamais tellement loin. Mais de voir que la crainte de déplaire peut s’immiscer même dans des échanges aussi légers et - me semblait-il – dépourvus d’enjeu, est une surprise, qui tend à s’interroger (une fois de plus ?) sur la collaboration qui peut prévaloir entre les intervenants du Nord et du Sud lorsqu’ils se retrouvent à travailler autour d’un même projet, alors que l’idée même d’une collaboration paraît être une belle chose en soi. 
 
En effet,  comment garantir l’élaboration une intervention  à la fois pertinente ET acceptable pour l’ensemble des personnes collaborant à sa mise en œuvre, si certaines d’entre elles n’osent pas nécessairement se positionner ? La question reste posée. 

Catherine Ukelo, décembre 2023

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